Comme
de partout en Corse, la première
guerre mondiale à atteint profondément les
structures socio-économiques du village et a constitué le
point de départ d'un fort exode villageois.
Cinq jeunes
hommes ont
payé de leur vie leur participation aux combats de la guerre de
1914-1918, ce
sont : Louis Fabiani (1915, décédé lors de la
bataille de la Marne),
(Antoine)François Luiggi (1915,
décédé lors de la bataille de la Meuse),
Innocent Renucci, Ange-François Sacchetti (décédé
au Maroc), Jean-François Sacchetti (mort
en 1916) et Joseph Sacchetti.
Pendant
la seconde guerre mondiale,
le village (comme
celui d'Olmi-Cappella),
a été
occupé par un imposant détachement de soldats
italiens. Les
inclinations politiques d'une majorité de la population et sa
participation active aux mouvements et aux actions de
résistance en
seraient-elle
la cause ? Deux hommes du village ont été tués
lors des combats : Toussaint
Volpei et Romulus
Cruciani. Ce dernier participait à l'assaut du Mont
Coudon lors
de la libération de Toulon à la fin du mois d'août
1944.
Quant à Lazare Fabiani, il a perdu la vie en Indochine au cours de
l'année 1947.
Découpage
administratif
En 1975 peu avant la bidépartementalisation,
le canton d'Olmi-Cappella
a
été supprimé et les
quatre villages qui le constituaient ont été
rattachés
au canton de Belgodère.
Ce regroupement, avec un certain nombre d'autres villages, au sein du Canton
de Belgodère
forme aujourd’hui la Communauté de communes
nommée « E
cinque Pieve di Balagna ».
[Après
avoir
évoqué
l’appellation d’un groupement sous ce vocable des Cinque Pieve
en
Castagniccia, Antoine Franzini indique
"Notons enfin qu’un second ensemble est
attesté sous ce nom en 1468 en
Balagne, par l’existence d’un vicaire des Cinque
Pieve, un
prêtre du
diocèse de Mariana. Il comprenait donc les pievi de
Tuani, Ostricone, Sant’Andrea, Giussani et sans doute Caccia
(Pistarino, p.
193)", Franzini, op. cit. p. 492, note 37.]

Il
est à noter que le qualificatif
Haute-Balagne, souvent employé pour satisfaire aux exigences de
l'industrie du tourisme, est artificiel et ne saurait être
appliqué pour situer le village de Mausoléo.
Historiquement et encore plus géographiquement, seule
l'appartenance à la Pieve de Ghjunsani est attestée, comme les relations
naturelles avec la Pieve
de Caccia.
Limites
territoriales
Les limites du territoire
communal de Mausoléo ont été corrigées
à la marge et à de multiples reprises, notamment au cours
du XVIIIe siècle (1765, 1783 et époque du Plan Terrier).
En revanche, le village a subi plusieurs fois l'amputation de certaines
de ses terres, tout particulièrement sous le second Empire, ce
au profit des
communes voisines et surtout au profit de l’État.

C'est le cas lorsque Mausoléo a
été contraint de céder la plus grande
partie de
son territoire forestier en contrepartie de la promesse d'un
désenclavement
de la
région par la construction des 37
kilomètres
de
route qui relient le col
de San
Colombano,,
au lieu-dit Tuccone, à
la maison
forestière de Tartagine.
Cette
transaction imposée n’a
pas du tout été appréciée
par la
population, exclusivement pastorale à
l’époque, qui a subi de
fortes contraintes et de
sévères restrictions.
Les
bergers de Mausoléo,
principalement des chevriers qui possédaient environ un
millier
de têtes, furent obligés d'aller
hiverner aux Agriates
pour
la
plupart.
Ceux
qui restaient
étaient confinés dans une portion congrue de la
forêt de chênes-verts, au
lieu-dit U
Valdu qui,
jusqu’à la
guerre de 1914-1918, s’étendait sur environ 40
hectares
et couvrait l'espace de Cima
al
Vittulo
jusqu’aux moulins de Teghja
Tesa en bordure
de la Tartagine.
Depuis, les coupes
abusives et les incendies successifs,
en
particulier le gigantesque sinistre de novembre 1998, l’ont
réduite
à
seulement 2 ou 3
hectares !
Reste
encore intacte la
genévrière de Spintatojo,
étalée sur 30
hectares
environ. Elle a
échappé de justesse
aux derniers incendies des forêts de Tartagine et de Melaja, mais
rien n’est
définitif et le
risque est permanent.
Aujourd'hui, le territoire du village
de Mausoléo
fait partie du Parc naturel
régional de la Corse et s’étend
sur plus de 1 900 hectares,
soit près de 20 km2.
Les communes
limitrophes du village sont Olmi-Cappella,
Pioggiola, Vallica et Calenzana.
Deux
sommets ferment
son extrémité ouest et marquent les limites du territoire
du village et du
village de Calenzana, ce sont : la Punta Radiche (2 010 m)
et
le Capu
al Dente (2 032 m). Une ceinture de sommets jalonne les
abords du
village.
Le San Parteo
(1 680 m) et le Monte
Grosso (1 938 m) le
séparent de
la Balagne. Le Monte Padro (2 393 m)
cache le village d’Asco
qui pourra être
rejoint par la Bocca di
Laggiarello (1 232 m). De même, pour
atteindre la
région du haut Asco,
il faudra franchir la Bocca di
l’Ondella (1 845 m). Du village, via la
Maison forestière de Tartagine, l’on atteint le
refuge de
la première étape nord
du GR20 : Ortu di u Piobbu
(1 538 m).
Refuge
d'Ortu di U Piobbu. Crédit photo : Nicola Robert, tous droits
réservés, Parc naturel régional de la Corse
[Origine
des textes Antoine Fabiani-Antonelli, Toussaint Massiani Jacques
Denis. Voir la note à l'attention des internautes de la
première page
d'histoire du village]